Implants, intuitions & innovations: Les clefs du succès de WITH

Olivier Philippe a co-créé WITH en 2015 avec Branislav Peric. L’entreprise, devenue un partenaire digital d’un nouveau genre, fête ses six ans cette année et ne s’est jamais aussi bien portée, malgré la COVID. Quand on lui demande de s’exprimer, Olivier répond toujours “qu’il n’a rien à dire” et “qu’il déteste la lumière”. Voici donc sa première interview officielle.

Pourquoi 2020 fut une grande année pour WITH ? Pourquoi 2021 s’annonce encore plus forte ? Quelles sont les exclusivités de WITH qui font que les grands comptes restent fidèles, que sa marque employeur n’ait jamais été aussi attirante ?

Dialogue à bâtons rompus avec William Réjault (l’un des premiers salariés de WITH en 2015, 3 années “en implant” auprès d’Emmanuel Faber chez Danone)

 

— Olivier, tu t’es ENFIN décidé à parler ?

Si ça ne tenait qu’à moi, je ne dirais rien, mais tu sais comment le monde tourne. Et puis mes équipes me poussent à raconter ce que j’ai appris et comment j’aime organiser les choses. Alors, pour la première et peut-être la dernière fois, vas-y et pose-moi tes questions.

 

— On commence simplement. Quelle est ta devise ?

(Olivier réfléchit) Je ne sais pas si c’est ma devise mais j’aime énormément cette phrase de Bertrand Piccard : “Si vous acceptez la crise, ça devient une aventure.”

 

— Ah, tu fais partie des happy few qui considèrent que cette année 2020 et cette crise épique ont été bénéfiques pour toi ?

C’est une année étonnante, oui, en apprentissage, en leçons. Nous avons grandi, grossi, bougé comme jamais et je n’ai pas eu le temps de faire le point avant ce début d’année 2021. C’est, depuis six ans que nous avons lancé WITH , notre meilleure année.

“Nous obtenons ainsi 39% de croissance et nous avons embauché 32 nouveaux collaborateurs dans 2 pays en 1 an.”

Je rembobine un peu. Début 2020, il y a un an, on nous a annoncé partout dans les médias une crise sans précédent, les signaux faibles ou forts étaient tous au rouge, il a fallu fermer en urgence tous nos bureaux du jour au lendemain. Hop : on s’adapte, télétravail obligatoire pour tous, en claquant des doigts. Le lendemain matin, donc, tous, dispatchés, en France, en Espagne, à Londres, en Auvergne, notre quotidien a repris le dessus avec comme obsession d’éviter le moindre souci dans l’accompagnement de nos clients.

 

— Tu as flippé ou pas ?

Un peu pour le business, je ne vais pas te mentir, mais plus pour le bien-être des équipes et, surtout, sur le passage en mode 100% télétravail. Comment ne pas perdre ces moments informels entre nous qui sont le ciment de nos complémentarités ? Comment maintenir du lien ? Comment assurer à nos clients que tout allait bien se passer ?

En mars, nous avons revu nos objectifs et décidé de maintenir une croissance progressive. C’est chose faite: Nous obtenons ainsi 39% de croissance et nous avons embauché 32 nouveaux collaborateurs dans 2 pays en 1 an.

— Ah oui, tout de même… Je revois nos débuts à 4 dans ce petit bureau du Sentier… Tu m’avais débauché de chez Canal + et avoué six mois après que tu ne savais pas si tu allais pouvoir me payer longtemps… Respect. Comment tu t’es organisé pour gérer cette grosse croissance ?

Nous avons essayé de prioriser nos actions. Deux sujets ont émergé : la bienveillance, avec comme résultat presque immédiat l’efficacité de notre modèle autour d’offres de services précises. La crise ne nous a pas réellement impacté émotionnellement, ni professionnellement car nous nous connaissons tous très bien. Nous sommes solidaires les uns des autres et, surtout, nous avons développé des outils et des processus propriétaires en interne, depuis le début.

Résultat : douze mois indolores pour nos clients malgré la crise, le virtuel, les zooms, etc. Personne ne s’est plaint et…nous avons gagné 21 nouveaux clients !

— Comment tu analyses ce succès ? Qu’est-ce qui fait que ça a marché ?

Sans le moindre doute, l’une des raisons les plus évidentes vient de notre complicité avec Branislav, mon associé et ami. Ceux qui nous connaissent le savent : nous sommes très différents, nous ne sommes pas bons sur les mêmes sujets, bref on est très complémentaires. On est fusionnel, on aime faire les choses à deux.

Ce n’est pas une question d’avoir le même goût des autres ou la même vision de la vie, pas forcément, mais dans notre cas, ce qui marche, c’est cette compréhension de l’autre avec sa propre sensibilité. Au final, lui et moi, on a les mêmes valeurs. Nous sommes complices. Comme je sais qu’il aime le foot, nous deux, c’est comme Thierry Henry et David Trezeguet lorsqu’ils jouaient ensemble en équipe de France, je lui fais la passe sans le voir, parce qu’à l’intuition je sais où il est pour marquer.

“[2020,] c’est, depuis six ans que nous avons lancé WITH , notre meilleure année.”

En terme d’association, nous avons aussi deux fantastiques associés en Espagne, Rémy et Geoffroy, avec qui nous avons construit une filiale à Madrid, qui j’espère sera encore plus puissante que Paris.

 

— Donc, première clef du succès, un partenariat atypique. Et ensuite ?

Indéniablement, ce sont les valeurs que nous nous efforçons de cultiver auprès de nos partenaires, de tous nos clients, tout autant qu’entre nos collaborateurs : entraide, soutien, confiance, écoute et exigence. Ce ne sont pas que des mots ou des concepts. C’est la réalité de notre vie à l’agence et de nos échanges avec ceux qui nous font confiance depuis 2015.

 

— Et niveau offre ? J’ai été le premier à être placé en tant qu’“implant”, comme tu aimes dire, au plus haut niveau d’une boîte du CAC. Un job incroyable, je peux en témoigner. C’est votre signature…

Oui, ça fait partie des choses que nous maîtrisons le mieux. De toutes nos offres, c’est celle qui a le plus d’échos par rapport à l’actualité : l’internalisation de ressources expertes au sein des équipes de nos clients, ou les “implants”. Pas un mois ne se passe sans que nous recevions ce type de demande.

 

— Pourquoi ça cartonne autant ?

C’est une offre au carrefour de deux besoins cruciaux : l’immense variété des expertises nécessaires à la transformation digitale de nos clients et en parallèle la difficulté de nos clients à démultiplier ses ressources au sein de leurs équipes. Les “implants” représentent maintenant 50% de nos ressources.

Ils sont tous embauchés en CDI et exercent leurs missions directement au sein des équipes de nos clients avec souplesse et réactivité. Nos implants ont un savoir-faire spécifique, elles, ou ils, sont formés et coachés pour cela tout au long de leurs prestations, car WITH n’est pas engagé juste pour répondre à des questions de recrutement.

 

— Comment tu vois l’avenir de WITH, sur le moyen terme ?

Nous n’existons que depuis 6 ans, mais maintenant que nous sommes sur de bons rails avec des offres et des performances précises et que nos objectifs sont clairement définis, nous avons réfléchi à notre évolution. Nous sommes face au développement d’une nouvelle conception de l’entreprise, différente de la conception traditionnelle avec des objectifs classiques, c’est-à-dire sociaux et financiers.

La société civile a une attente de plus en plus forte vis-à-vis de l’entreprise : il faut maintenant qu’elle ait une contribution au bien commun en participant à la résolution de problématiques environnementales et sociétales.

Le message est sans équivoque. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons toujours été sensibles au message de Danone, à ce double projet éco-social et ce statut de B-Corp. Nous avons de notre côté mûri en parallèle. Si WITH veut poursuivre sa mue et proposer à ses collaborateurs d’y participer, il faut que nous trouvions un intérêt à le faire. L’évolution de notre modèle économique doit intégrer que la performance de l’entreprise passe aussi par son engagement sociétal et environnemental.

 

— Ce qui veut dire concrètement que vous allez changer… quoi… de statut ? Réfléchir à une nouvelle raison d’être ?

Nous réfléchissons à ces sujets. Est-ce que WITH aura un statut d’entreprise à mission ? Devrons-nous être certifiés BCorp ? Est-ce qu’une nouvelle offre RSE doit être construite ? Une multitude de sujets de la sorte nous taraudent en ce moment. Nous avons l’embarras du choix et beaucoup de plaisir à y réfléchir main dans la main avec les équipes. Tous les petits nouveaux qui nous rejoignent ont en commun pour cette génération d’avoir envie de réponses fortes et précises à leurs besoins professionnels et humains, les deux se rejoignant bien souvent. Gare aux entreprises qui ne veulent pas l’admettre.

 

— Allez, tu ne vas pas couper à la question bateau. Où est-ce que vous serez dans cinq ans ?

Bien malin qui pourrait dire à quoi les prochaines années vont ressembler. Ce qui est certain, c’est que le monde d’avant ne reviendra pas. Nous allons vers un monde nouveau. Ce qui est aussi certain, c’est que l’on peut prendre notre destin en main, ne pas subir mais agir. C’est ce que nous nous sommes efforcés de faire cette année, de manière individuelle et collective. Chez WITH, nous avons donc continué à investir sur de nombreux talents avec l’arrivée, en Espagne et en France, de 32 nouvelles personnes que nous avons intégrées avec bienveillance, “dans le respect des gestes barrières”.

“Ce qui est certain, c’est que le monde d’avant ne reviendra pas. Nous allons vers un monde nouveau.”

Tu sais à quel point les premiers jours sont importants quand on arrive sur un nouveau poste. Pas question de se rater quand le bureau de ton dernier arrivé est situé sur une chaise en bois dans sa petite cuisine.

Nous avons également fidélisé nos clients historiques, dont Danone et L’Oréal, et renforcé des offres uniques comme celle de la Chine et de l’e-commerce. Nous avons totalement “processé” nos propositions d’in-housing ou “implants” très utiles en période d’“hiring freeze” et maintenu notre posture technologique dans l’ensemble de nos offres propriétaires, nos méthodes de travail, nos échanges et nos partenariats.

Si nous suivons notre business plan à 3 ans, notre futur passera aussi par l’ouverture de nouvelles filiales à l’étranger. Si la crise sanitaire nous a freinée, c’est uniquement sur ce sujet. Nous n’avons pu voyager, rencontrer de nouveaux talents et candidats pour ce type d’aventure. On va se rattraper en 2021. Nous avons déjà 2 options dans les plans actuels, j’espère en identifier une autre avant la fin d’année.

 

— Tu me disais que tu avais monté en interne une équipe d’une douzaine de dev à Madrid qui tourne à plein régime, afin de produire du 100% sur mesure ?

Oui, c’est une de nos grandes fiertés. Elle cartonne. Elle a développé plusieurs projets en interne pour mieux servir nos clients, c’est le cas par exemple de notre outil Datagram, un service de Business Intelligence alimenté par une intelligence artificielle permettant de visualiser la data de façon unique.

Ils nous soutiennent aussi énormément dans la bonne sélection de nos partenaires techniques pour soutenir notre conseil client.

 

— J’aimerais insister un peu sur la marque employeur, les équipes, le nerf de la guerre : les talents recrutés ! Les faire venir, les garder, les faire grandir ! Comment as- tu géré, à distance, niveau RH, toute cette partie ? C’est chaud, en ce moment, non ?

Je te confirme que cela n’a jamais été aussi difficile que ces derniers mois ! Les seules recettes qui fonctionnent pour bichonner nos collaborateurs sont les plus chronophages mais plutôt intéressantes pour nous tous. Ça va du très classique point hebdomadaire avec tous les collaborateurs (sans exception…Il faut aimer les Zooms…) aux points avec notre équipe de direction beaucoup moins espacés qu’auparavant, ainsi qu’à tout l’équipement technique, omniprésent dans notre quotidien, avec l’accompagnement à l’utilisation pleine de solutions comme Slack, Notion ou G-Suite, par exemple.

“entraide, soutien, confiance, écoute et exigence.”

Je tiens énormément aux petites attentions individuelles, comme celles envoyées pendant le confinement : des paniers pique-nique le vendredi ou des box Bacardi, notre nouveau client, pour se faire des cocktails pendant le couvre-feu, la possibilité de gérer son temps, en période de couvre-feu, en partant plus tôt, la mise à disposition de vélos électriques pour éviter les transports en commun, des formations renforcées, des sujets CSE traités plus vites et l’embauche d’une Chief People Officer pour donner de la perspective à chacun. C’était vital.

En 2021, nous avons aussi proposé à quelques-uns de nos collaborateurs chez WITH de prendre la parole sur des sujets qui leur sont chers, en toute liberté. Le prochain article sera signé de Sébastien Camusot et traitera du progrès et futur du eCommerce. Pourquoi ce thème ? Parce que dans un monde post-COVID, ou l’accélération du commerce digital devrait atteindre 3530 milliards de dollars et +35% de croissance d’ici 2023, c’est un sujet à suivre.

 

— Merci Olivier.

William, je te remercie pour ton temps, finalement c’était sympa. À très vite !